Presqu’un mois sans publication… Les idées sont là pourtant ! Elles fusent sans arrêt. Je brûle d’envie de vous partager mes incursions dans la Conscience, mes difficultés aussi, toujours confiante que mes voyages et tribulations feront échos aux vôtres ! Mais voilà… C’est bloqué. Alors ce matin j’admets que le seul moyen de débloquer est d’affronter le blocage. Pourquoi je n’arrive pas à aller au bout de mes idées d’article depuis un mois ? Pourquoi je ne me suis quasiment pas assise pour vous écrire pendant ce temps ? Eh bien, en me posant, là, ce matin, je sens la réponse émerger dans mon bas ventre: c’est parce que je suis en colère. C’est cette colère qui ne me quitte pas qui m’empêche de partager mon authenticité avec vous. J’ai continué à la contacter pour moi. Je n’ai même peut-être jamais été aussi proche de moi-même que ces dernières semaines, je n’ai jamais autant médité et pratiqué ce qui me nourrit profondément en me connectant à la Source d’amour en moi. Et j’ai eu envie de vous partager tout cela… Sans réussir à passer à l’acte. Ce matin je me laisse sentir pourquoi. Je sens que cette colère me referme. Pas à l’humain, pas à l’individu. Je me sens très entourée et ouverte dans les échanges individuels. Non, cette colère me ferme au groupe. Vous écrire, c’est m’adresser à un groupe. C’est comme si cette colère avait pour conséquence de me faire « bouder » le groupe humain.
En écrivant ces quelques lignes seulement j’ai autorisé la sensation de cette colère bloquante dans mon corps. En vous écrivant je suis restée connectée à cela, sans chercher à ce que cela ne soit pas là. Au contraire, j’ai cherché à ressentir pleinement ce qui me bloquait ces dernières semaines. Et vous savez quoi ? Bah je ne la sens plus. Je lui ai laissé la place, à peine quelques minutes. Tout en m’accueillant pleinement « en colère », j’ai montré à ce blocage qu’il ne déciderait pas pour moi, qu’il ne m’empêcherait pas d’écrire. Et voilà, cette intensité que je ressentais dans mon bas ventre, à gauche, comme une boule serrée et « revendicatrice », s’est dissipée. Juste comme ça. Elle a été entendue, elle n’a donc plus besoin de bloquer mon système précisément pour que je l’entende.
Je vis ce type de libération sans arrêt et cela m’étonne toujours. L’ancienne croyance selon laquelle c’est en détournant notre attention de nos blocages qu’ils perdent du pouvoir sur nous est entièrement fausse. C’est, au contraire, en les affrontant, en leur laissant pleinement l’espace un moment, dans une écoute sincère, qu’ils se détendent. Une écoute sincère. Pas une écoute en mode « bon vas-y parle mais après dégage vite ». Ce qu’ils réclament c’est une attitude intérieure relâchée dans laquelle ils ne se sentiront pas juger. Quand j’autorise pleinement quelque chose à s’exprimer en moi, quand je reste en sa présence, sans apriori, jusqu’à ce qu’il ait « tout dit », c’est-à-dire qu’il m’ait fait ressentir l’entièreté de ce qui le contractait, il se décontracte, automatiquement. Je n’ai rien d’autre à faire la plupart du temps.
En vous disant cela je réalise que ma capacité à m’asseoir avec mon blocage ce matin, décidée à l’écouter et à le libérer, vient probablement d’une libération plus intense de ma colère que j’ai vécue ce week-end, avec mes camarades « Focusiens ». Nous avons démarré notre week-end de pratique par la première étape du Focusing, le « dégagé d’espace ». Cela ne consiste pas à envoyer promener tout ce qui nous préoccupe mais au contraire à entrer en lien avec chaque préoccupation et à lui offrir un espace symbolique à l’extérieur de nous afin de récupérer notre espace intérieur. On fait le ménage en quelque sorte, on range les dossiers pour pouvoir ensuite les ouvrir un par un au sein d’un espace dégagé. Sauf que samedi matin, il y avait en moi cette colère impossible à « dégager ». Elle était trop grande. En restant présente à cette colère j’ai alors laissé mon système global m’indiquer la marche à suivre. Un couteau bien aiguisé m’est apparu et je me suis vu poignarder violemment à de multiples reprises l’objet de ma colère. C’était jouissif ! Et j’ai autorisé cela, complètement, sans aucun jugement intérieur ni peur. Car je sais qu’il s’agit d’une libération symbolique, non d’un acte - ou désir d’acte - réel. J’ai donc pu m’en donner à cœur joie ! Je n’ai mis aucune restriction à l’énergie de colère qui me traversait physiquement et au soulagement intense qu’éveillaient ces images de violence. Je n’ai opposé aucune résistance ni aux sensations ni aux images. Depuis cela, je n’ai plus du tout été traversée ni de colère ni d’aucune autre émotion liée à ce sujet. Je n’y pense même quasiment plus, et quand quelque chose me le rappelle, cela ne créé aucune émotion.
Il est important de noter que les images mentales seules n’auront pas cet effet de libération. Ce qui libère profondément en pénétrant jusqu’aux racines du mal est de s’autoriser sans aucune restriction à ressentir physiquement profondément la colère (ou la haine, la tristesse, la jalousie, la peur ou toute autre chose qui vous bloque). C’est de ressentir en conscience, corporellement et pleinement l’émotion, jusque dans ses strates les plus profondes, qui libère.
Je sais depuis plusieurs années maintenant à quel point ces meurtres symboliques peuvent être libérateurs et n’ont rien à voir avec de réelles envies de meurtres ! Ils permettent de tuer la personne au sein de notre espace symbolique et ainsi de s’en libérer. Ils sont extrêmement sains ! J’irais même jusqu’à supputer que leur pratique abaisserait considérablement les réels actes de violence. Il ne s’agit pas non plus de souhaiter réellement du mal à cette personne (ma croyance est plutôt que ce type de souhait se retourne contre celle qui invoque les évènements malheureux qu’elle voudrait voir arriver à l’autre).
Au contraire, ici, m’autoriser ma violence dans mon espace symbolique l’a libérée et m’a profondément détendue. Je me suis donc fait du bien tout en faisant du bien à l’autre puisqu’il est possible que relâcher ma colère ait entériné la possibilité de futurs mails furieux ! En m’autorisant à poignarder violemment mon ex (bah oui, vous aviez bien deviné) au sein de mon espace intime, je lui ai fait le cadeau de ne pas (bon d’accord.. de ne plus) essayer de le poignarder par des mots choisis avec soin pour faire le plus de mal possible. C’est du win-win !
Et cerise sur le gâteau, je suis ce matin devant mon PC, à vous écrire enfin après un mois de paralysie littéraire. C’est surtout ça qui m’intéresse en réalité : vivre libre. Récupérer l’entièreté de mon espace émotionnel et mental. Car, comme l’a dit Swami Vivekananda « L’esprit n’est pas une poubelle dans laquelle garder la colère, la haine et la jalousie. C’est une boîte à trésor où garder l’amour, le bonheur et les souvenirs heureux. »
Tout mon système intérieur est ma boîte à trésor. J’en prends grand soin, non en me battant contre la colère, la haine et la jalousie mais en leur laissant l’espace de s’ouvrir, me rendant ainsi l’énergie vitale qu’elles avaient enfermée. Ainsi, l’Amour, le bonheur et les souvenirs heureux en sont revigorés. Au lieu d’avancer avec de plus en plus d’aigreur et de moins en moins d’énergie, chaque épreuve de la vie, par la résonnance du présent avec le passé, me permet d’aller repêcher des zones de moi qui se sont fermées il y a longtemps ! J’avance alors avec de plus en plus de légèreté, de joie, et de Moi !
Qu’est-ce qui aurait besoin d’espace en vous ?
En tant que thérapeute Focusing, je peux vous aider à aller l’écouter et récupérer l’énergie vitale qu’il contient ! Pour que vous aussi vous avanciez de plus en plus légère, joyeuse et vous-même !

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